Rentrée scolaire rime avec nouveau roman.

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Bonjour les filles ! Comment allez-vous en ce mois de Septembre ?

Cela fait quelques temps que je n’ai pas posté d’articles. Peut-être est-ce du au manque d’attractivité de blog ? Ou bien tout simplement car j’ai été très occupée avec l’achat du mobilier pour mon emménagement à La Roche Sur Yon.

Je m’apprête à sauter le pas Mercredi. Enfin seule. Ce ne sera pas évident, certes, mais je profite de cette année d’autonomie pour me donner à fond dans mes projets professionnels et donc par la même occasion scolaire tout comme en écriture.

D’ailleurs c’est simple, cette rentrée digne d’un mois d’octobre et automnal m’a inspiré pour la rédaction d’un nouveau roman. Cette fois bye bye jeunesse parisienne et bienvenue dans une sature d’un pensionnat anglais. Et ceux qui auront lu mon premier chapitre savent que j’écris toujours sur des lieux bien existants même si l’histoire reste purement fictive.

Ce dimanche 6 septembre, m’ennuyant fermement, je vous communique donc le peu de mots que j’ai couché sur le papier (et l’ordinateur bien sûr).

Alors, Girls, j’attends votre opinion avec impatience afin de progresser !

CHAPITRE 1

Gill Cordell, seize ans, noua son épaisse chevelure rousse en une queue de cheval parfaitement droite. Elle bâta des cils pour repousser, vainement, sa longue frange rebelle de ses grands yeux gris.

Assise en tailleur sur le gazon verdoyant de St Margaret’s, pensionnat pour jeunes filles de bonnes familles, l’adolescente pouvait sentir l’herbe frivole caresser ses cuisses menues. Le soleil, encore doux en cet fin d’octobre, perçait de ses rayons tièdes son blazer vert et bleu, réchauffant son dos endoloris. Les sélections pour intégrer le club de hockey avaient eu lieu le matin même et Mrs Steadworthy, à la rigueur innée, les conduisit à se surpasser. Esquiver les coups étaient d’ordinaire sa spécialité mais ses erreurs de placements avaient rendu son jeu fort mauvais. Apprendre à devenir une jeune femme accomplie et faire partie du cercle de tricot aurait pu s’imposer comme une évidence pour le jolie rouquine si elle ne se contrefichait pas tant des modes et des usages. Certaine de sa non qualification au sein de l’équipe, Gill enfouit son visage rond, qui clamait son innocence, entre ses doigts fins. Seul le hockey lui permettait d’apprécier un temps soit peu le train train et les rivalités constantes de St Margaret’s.

Perdue dans un crin de verdure, au cœur du comté du Hertfordshire, l’établissement visait l’excellence par l’impassibilité. « Tolérance zéro » leur répétait Summer Bilson , représentante de la Sixth Form et préfète en chef des dortoirs, en fronçant ses sourcils noyés pour moitié sous son imposante paire de lunette, dont la coupe arrondie lui donnait l’allure d’une chouette. Bien que le règlement intérieur interdisait la consommation d’alcool et de tabac dans les locaux, les filles bravaient régulièrement ces interdits. Ainsi que la majorité des règles qui régissaient leur année d’étude entre ses grilles dorées. Les murs, tapis de briques rouge, uniquement, gardaient le secret de leurs escapades nocturnes.

Ecriture

Ecriture.

Nous y voici. L’intérêt de mon blog est de vous faire partager mes travaux d’écritures. Je mets donc à votre disposition le premier chapitre de mon roman encore en phase d’élaboration.
J’espère qu’il attirera quelques fans.
Je suis preneuse de tout commentaires !
Alors à tout de suite !

*1*

Cordélia Oberkampf, quatorze ans, enfonça son turban Miuccia bleu nuit sur ses longs cheveux blond doré. Le satin, en plus d’être l’incontournable des défilés de l’hiver, mettait parfaitement en valeur son teint abricot. Tard dans la nuit, la neige avait déployé son épais manteau blanc sur l’ensemble de l’arrondissement parisien et l’adolescente, trop excitée à l’idée de s’imaginer patiner au parc Monceau, avait été incapable de fermer l’œil. Avant-gardiste et fille de la joaillère Oberkampf, elle aimait donner le la aux jeunes chastes de Sainte-Bernadette. Il lui était donc inconcevable de sortir tant que ces adorables yeux émeraude ne soient pas parfaitement dénués de cernes. Cordélia se dirigea vers la porte de son immense chambre, située à l’Hôtel Keppler, et s’assura que la suite fut bien déserte. Laisser traîner ses oreilles, non loin d’être son passe-temps favori, était devenu un rituel quotidien, tout comme s’observer en détail face à l’ancien miroir vertical. Ses lèvres glossy Diablotine de Dior se pincèrent à la vue des quelques formes que son caraco charbon Princesse Tam Tam sublimait à merveille. N’importe quelle collégienne aurait rêvé remplir un 85 B, mais là où tous contemplaient une silhouette longiligne à couper le souffle, Cordélia n’y voyait que révulsion et autres sentiments du même genre. Les coussins jaune poussin qui d’ordinaire égayaient le gris de son dessus de lit lui donnèrent subitement la migraine. Sans comprendre comment, elle s’effondra à genoux face au WC, la tête plongée dans la cuvette. A l’instant même où l’acidité gagna sa gorge, ses bouffées d’angoisse s’éclipsèrent. Elle ne gardait plus que de cet épisode laborieux, des perles de sueurs collées à sa nuque.
Fleur Van Büren tambourina contre la porte de la suite N°5. Elle venait de passer une heure coincée dans les bouchons entre l’arc de triomphe et les Champs Elysées. La jeune fille n’avait cessé de pester contre les chauffeurs de taxi à l’origine de ce désordre. Trop en retard et frigorifiée pour poursuivre son trajet à pied, elle avait dû renoncer à sa visite du dimanche chez Pierre Hermé et par la même occasion à la douce saveur de l’Ispahan, ses macarons favoris. Elle ramassa la clef cachée sous le paillasson en poils de sanglier et jeta sa fourrure, souvenir Milanais de son père, sur la banquette écru des Oberkampf
— Pas de brunch en famille ce matin ? l’interrogea Fleur en sifflotant du Kim Carnes depuis le salon. Elle savait que Cordélia trouvait son répertoire musical kitch mais les tubes du moment ne l’avait jamais intéressé. Elle les trouvait grossiers, redondants et tout simplement rasoirs !
Cordélia s’essuya la bouche et déverrouilla la salle de bain.
— Non. Maman devait accompagner, avec Hippolyte, Edgar à la gare ce matin. Exposition je crois…
Edgar Schinasi, trente-deux ans, jeune compagnon de Judith Oberkampf et photographe, passait la plupart de son temps à squatter leur loft, lorsqu’il ne voguait pas au Népal ou au Mozambique. Il concentrait tout son art dans l’exposition de clichés retraçant la misère d’enfants africains frappés par la famine. Il y a tout juste un an, elle les surprit par mégarde dans la baignoire alors que les bulles de savon avaient presque entièrement disparues. Si seulement les choses avaient pu s’arrêter là, or, cette dernière paraissait prendre un malin plaisir à batifoler sous les yeux de sa fille. Le père de Cordélia, quant à lui, compositeur de renom, s’était envolé le jour de son cinquième anniversaire pour New York. Parfois, elle recevait de sa part une carte postale. Mais ce qu’elle en retenait était l’odeur du parfum de sa nouvelle femme, une Américaine de la haute.
Fleur déboutonna le col italien de sa chemise, ôta ses chaussures et s’étala telle une étoile de mer sur le lit XL. Ses grands yeux ronds s’arrêtent sur le visage pâle de Cordélia pour la fixer avec inquiétude.
— Cordy, tout va bien, hein ?
La jeune fille hocha la tête. Les lèvres tremblantes, elle dut faire un effort inouï pour étouffer un sanglot.
— Croix de bois, croix de fer ?
Cordélia feinta un crachat puis serra la main de sa meilleure amie.
— Si je mens je vais en enfer !
Les sifflements du vent s’engouffrant dans la cheminée victorienne ne parvinrent pas à étouffer les chants de Noël, qu’Oscar, le concierge, diffusait en boucle tous les ans.
— Voilà pourquoi J’A D O R E les fêtes ! dit d’un ton enjoué Cordélia en insistant sur chaque syllabe du mot j’adore. Oscar fredonne, l’odeur de résine parfume le salon et l’on peut enfin se pelotonner des heures entières sous la couette, à racler à la petite cuillère le pot de Ben & Jerry’s devant Jules et Jim.
Son sourire béat plissait joliment ses pommettes rosées. Elle s’évertuait de cacher tant bien que mal son mal être. Un peu trop facilement à vrai dire. Ses vilaines pensées s’étaient volatilisées d’un trait à l’écoute des sifflotements d’Oscar. Sa bipolarité pourtant vaincue, revenait-elle en flèche ?
Le ventre de Fleur grogna. Elle avait délibérément sauté le repas mais elle ne s’attendait pas à ce que ces fichus embouteillages viennent contrecarrer ses plans. Loin d’être comme son amie, les fêtes de fin d’années ne la mettaient pas de bonne humeur. Elles marquaient pour elle le départ de sa sœur pour le York et la commémoration d’un autre repas en son absence. Certes, il y avait toujours Cornélius, son frère jumeau, qui jouait de ses charmes auprès de leurs cousines au sixième degré mais il y avait toujours comme une sorte de tension. Personne n’osait prononcer son nom de peur de faire un pas de travers. De temps à autre, elle lui envoyait un bref texto, lui racontant son immersion au cœur de jeunes prodiges britanniques sans revenir parmi les siens pour autant. Elle avait dû tirer un trait sur les soirées d’hiver où elles s’amusaient à couvrir leur sapin de guirlandes pharaoniques puis se gavaient de puits d’amour à en tomber malade. Malgré le fait que Cordélia soit sa meilleure amie, elle ne pouvait se résoudre à le lui confier. Pourquoi ? Elle n’en avait aucune idée.
— Papa a réservé une table chez Maxim’s pour mon anniversaire. Sûrement pour parler affaires avec un de ses futurs investisseurs potentiel. Ce sera d’un ennui ! Dis, tu viendras ?
Naître un vingt-cinq décembre apportait son lot d’avantages comme recevoir deux fois plus de cadeaux, mais aussi son lot d’inconvénients puisque la jeunesse parisienne partait à l’autre bout du continent ou bien se cloîtrait en famille, au troisième étage de leur sublime appartement, avenue Montaigne, à manger de la dinde ou du chapon. Or, Cordélia ne pourrait assister à l’évènement mais elle préférait, pour le moment, ne pas y penser. Ça faisait encore trop mal pour qu’elle puisse le dire à haute voix. Sinon tout cela deviendrait vraiment réel. Au lieu de quoi, elle se mit au garde à vous, lança un « Oui, mon Capitaine ! », fit coulisser l’échiquier du salon et en extirpa des Ricola et un paquet de Camel neuves. Elle fourra deux sucreries dans sa bouche, l’orange-menthe remplaçant in extremis le goût âcre qui dominait encore sa gorge, et s’alluma une cigarette. Elle lui tendit la boîte.
— Personne ne risque de s’en rendre compte ?
Cordélia haussa les épaules. Il s’agissait d’une situation d’urgence après tout, cela valait bien le coup de se faire attraper. Elle brancha la stéréo, se hissa sur le canapé et rappa les premières notes du dernier morceau de Snoop Dog.
— Qui aurait pu prétendre que l’on puisse encore écouter ce genre de choses en 2006 ?
Cordélia fit la mou, lui adressa un sourire ultra Bright et lui balança le coussin rayé qui reposait sur le fauteuil bergère en toile.
— Viens !
L’adolescente à la silhouette longiligne la fit tournoyer sur place. Lorsque Fleur pu enfin retrouver son équilibre, elle se trouvait face au sapin rouge et or sous lequel se tenait une paire de patins. Cordélia s’empara de l’enveloppe cartonnée. « Pour Cordy. E. » La jeune fille eut un mouvement de recul.
— Et si on allait les essayer ? proposa Fleur d’un ton détaché, tout en humant une bouffée de fumée.Les joues rosies par les températures négatives, elles atteignirent le parc. Les branches dénudées, le lac gelé semblaient figés dans le temps. Pourtant, elles le trouvaient plus romantique en cette période de l’année. Peut-être était-ce dû au fait que Fleur y avait échangé son premier baiser avec Auguste Saint-André sur le petit pont d’où pendaient une multitude de stalactites. Cordélia glissa le long de la Colonnade avant d’achever son parcours sur une pirouette parfaitement maîtrisée. Si cette dernière n’avait pas orchestré cette rencontre, jamais elle n’aurait pu connaître pareil bonheur. Aujourd’hui encore, elle parvenait à sentir son souffle mentholé sur ses lèvres. La tâche, pourtant, ne fut pas simple. Fleur, éperdument amoureuse de l’aîné Oberkampf, bavait devant lui à chacune de ses apparitions. Bien plus âgé qu’elle, il préparait d’arrache-pied le concours d’entrée de la police nationale, tout en accumulant les petits boulots. Il lui répétait qu’il rêvait de quitter cette sphère dorée qui le conduisait à se fourvoyer sur une société en déclin.
— Si je fais un pas de plus je sens que je vais m’écrouler, gémit Cordy.
Fleur tata ses poches et en extirpa son portefeuille en peau de croco. Il lui restait suffisamment de monnaie pour sustenter deux estomacs affamés. Un seul échange de regard leur suffit pour se comprendre. Il en avait toujours été comme tel. Il en serait toujours ainsi.
Groguie et dépourvue d’odorat, elle s’installa sur le banc faisant face aux colonnades. Même si le froid carnassier asséchait sa peau, il ne l’atteignait pas. Elle ne songeait qu’à ôter ses patins pour partir s’exiler en Laponie. Cette maudite paire venait de lui gâcher sa matinée tant attendue. Fleur avait le don de causer des impairs et cette fois encore, sa maladresse légendaire ne lui avait pas échappé.
Un chaton persan aussi blanc que la crème Mixa et ressemblant trait pour trait à Duchesse, leur animal de compagnie décédé il y a des années, se frotta contre les chevilles frêles de l’adolescente. Il ronronnait à en exploser de bonheur. Ses yeux perlés de gris ne la lâchaient pas du regard.
— Va-t’en !
Mais l’animal ne bougea pas d’un pouce, toujours occupé à tournoyer autour de ses immenses jambes.
Le craquement des branches sous le poids du givre couvrit les cris de la jeunesse Parisienne. Ce soudain silence l’apaisa. Elle pouvait enfin être elle-même. Nul besoin de revêtir un costume comme elle en avait pris l’habitude en franchissant les grilles de Sainte-Bernadette. L’arrière-cour, entretenue avec minutie, fut bien le seul intérêt qu’elle pouvait trouver à cette école. Déjeuner dans l’herbe, face aux tourelles, lui permettait d’ôter de sa mémoire les pensées obscures qui traversaient son esprit. Elle avait cette aisance et cette grâce naturelle qui faisait d’elle la reine des abeilles. Artistes incompris ou fils de politiciens véreux, tous n’aspiraient qu’à une chose : se tenir sur le trône à ses côtés. S’illustrer comme des coqs en pâtes, loin d’eux cette idée. Qui portait la culotte ? Certainement pas une vulgaire fille d’une petite créatrice banlieusarde. Mais elle avait un charme fou qui faisait d’elle l’objet de toutes les convoitises et la future femme d’un homme d’affaires ou d’un sénateur. Du moment qu’elle soit belle et qu’elle sache se taire. C’est ce que la gente masculine de Sainte-Bernadette voyait en elle, au-delà de son physique ravageur.
Une nuée d’hirondelles s’éclipsa sous la détonation de ce qui devait être la collision de deux voitures ou le choc d’une plaque métallique. A mesure qu’elle fixait l’espace boisé d’où se détachait ce bruit tonitruant, elle discernait d’avantage le son d’une corde. Que fouettait-elle ? Était-ce le sol terreux ? Un tronc ?
Il approchait.
Doucement.
Rapidement.
A quelques mètres, centimètres.
A la vue de son visage si angélique, son rythme cardiaque s’emballa. Combien de fois avait-elle secrètement souhaité qu’ils se retrouvent, seuls, face à face ?
Quelque chose clochait pourtant. Ses yeux semblaient bouffis, ailleurs, son nez un peu trop rougie.
Sa respiration se brisa. Son cœur aussi. Extraire le moindre mot, la plus petite syllabe, relevait de l’impossible.
Étirer. Contracter. Se lasserait- il de cette ficelle rêche et crasseuse ?
Elle s’allongea, attendant péniblement la mort. C’était comme un grand plongeon dans un bassin d’eau chloré. Sans l’odeur, ni les picotements, bien entendu. Un monde calme. Déconnecté de toute réalité. De toute vérité désarmante. Terrifiante.
Étendue sur la mare gelée, elle parvenait à distinguer le moindre frétillement de nageoire des poissons rouge. Elle n’avait pas la force de se débattre. Pourtant elle voulait vivre. Hilarant, non ? Quand elle avait si souvent désiré le contraire.
L’air ne filtrait plus dans ses poumons, ses doigts portés à son cou cherchaient désespérément à la libérer. Ses muscles endoloris luttaient en vain. Le repos la guettait. Son esprit vagabondait déjà. Ses paupières se fermèrent, à jamais, sur ce teint éclatant. Pourtant si perdu.